Ah les vacances, après une année de trading, on apprécie de se mettre un peu au vert, mais ça ne veut pas dire pour autant que les marchés soient fermés même si nous constatons une baisse de volume importante, pendant la période estivale.

Votre portefeuille n’a pas toujours la bonne idée d’aller dans la direction choisie et un petit choc de volatilité est vite arrivé surtout avec des faibles volumes.

Pour éviter de se retrouver à la rentrée avec un portefeuille fort allégé par les soubresauts du marché, il est tout à fait possible de protéger son portefeuille, c’est ce que l’on appelle la couverture ou le « hedging » en anglais. Cette couverture lorsqu’elle est mise en place correctement va vous aider à maîtriser la volatilité.

Celui qui sait quand et comment se couvrir aura toujours un avantage face au trading passif donc subi.

Vous avez sûrement déjà entendu parler de couverture ou de « hedging », mais sans réellement savoir ce que c’est et comment mettre en place ce type de protection.

La situation actuelle est quand même un peu préoccupante, je ne sais pas pour vous, mais les derniers mois ont été assez chaotiques avec un marché qui pousse fortement début janvier, une chute vertigineuse en mars de 35% et une remontée version parabolique de 48% en moins de 10 semaines en battant, au passage, 2 records celui de la chute la plus rapide de l’histoire de la bourse et celle de la remontée la plus rapide. Faut quand même avoir le cœur bien accroché.

Face aux fluctuations importantes et surtout après une « remontada » d’anthologie digne d’un PSG –Barça (oui je sais, certains ont encore mal), il serait peut-être temps de prendre quelques mesures de protection surtout si vous avez eu la chance de profiter de cette explosion de gains récente.

Voici une suggestion de quelques idées basiques, mais non moins efficaces que vous pourriez utiliser et que je vais décomposer pour vous. Avant de rentrer dans les détails, vous pourriez me poser la question pour savoir pourquoi il est important de se couvrir.

Il existe de nombreuses raisons d’employer des techniques de « hedging » et je vous proposerai dans cet article, de vous donner quelques solutions envisageables et surtout faciles à mettre en œuvre. Afin de vous aider dans cette démarche, je vais partir du plus facile pour arriver à des systèmes de couvertures un peu plus complexes.

Tout d’abord, vous devez utiliser et surtout exploiter les inefficacités du marché. Dans la mesure où la couverture est parfois moins chère que ce qu’elle devrait être, un investisseur rationnel pourrait l’utiliser pour améliorer ses rendements.

Une autre raison importante est de lisser les rendements. Une technique de couverture employée efficacement peut conduire à des rendements plus élevés avec moins de volatilité. Même si les investisseurs ont obtenu les mêmes rendements avec moins de volatilité, la couverture peut être un ajout inestimable. Alors que l’on peut se demander pourquoi la couverture serait utilisée pour obtenir des rendements identiques avec moins de volatilité, la réponse est plus dans la finance comportementale. Les investisseurs sont plus susceptibles de s’en tenir à leur plan d’investissement et de ne pas se sentir obligés de quitter le navire après de fortes baisses, si leur plan de trading réduit la volatilité de leur portefeuille.

Une note sur la complexité et l’utilité de la couverture

Il n’existe pas une couverture, mais des couvertures puisque vous pourrez décider de couvrir seulement quelques lignes d’actifs ou l’ensemble de votre portefeuille. Certaines couvertures seront plus complexes que d’autres et certains investisseurs ne pourraient pas être d’accord avec les solutions proposées, mais elles sauront au moins le mérite d’exister et de vous être présentées. Si vous avez d’autres idées de couverture, n’hésitez pas à les mettre dans les commentaires, le partage de connaissances ne pouvant être que bénéfique à la communauté.

Couverture # 1 : Se mettre liquide

Au fond, c’est peut-être la couverture la plus facile à comprendre, mais celle qui nécessite un bon sens du timing du marché. Augmenter ses liquidités après que les marchés aient donné des rendements fantastiques à court terme, est l’un des meilleurs moyens de se couvrir, mais c’est un outil difficile à utiliser, car la peur de rater le train qui passe prend le dessus. La fameuse gestion des émotions !!! Historiquement, l’un des meilleurs indicateurs à utiliser pour augmenter la trésorerie a été le ratio Put-Call, mais même cela peut vous induire légèrement en erreur et vous faire perdre quelques pourcentages de gains.

Clairement, quand je parle de se mettre liquide, je parle de prises de bénéfices, voire du solde total de certaines lignes d’action où vous estimez que le rendement a été très largement à la hauteur de vos espérances.

Peut-être avez-vous un plan d’investissement qui consiste à épargner mensuellement pour pouvoir garnir votre portefeuille au fur et à mesure des années. La bonne idée serait peut-être de laisser cet argent disponible sur votre compte, sans penser à le placer sur le marché avec le risque d’investir sur des plus hauts.

Couverture #2 : Les obligations à court terme

La détention de liquidités est une excellente couverture à court terme, mais ne rapporte rien ou presque rien aujourd’hui. Les investisseurs peuvent utiliser la couverture #1 pour utiliser la trésorerie collectée pour acheter des obligations à court terme. Les taux d’intérêt ayant baissé, les obligations ont perdu leurs attraits dans une large mesure. Mais ils peuvent, cependant, servir de modeste coup de pouce par rapport à la simple détention de liquidités sans revenus. En général, il est souhaitable détenir des obligations à durée plus courte avec un risque de défaut nul, car les obligations de sociétés ont tendance à suivre les actions de plus près.

Actuellement, les taux d’intérêt sont stables et fixés près de zéro, il est donc plus difficile de trouver des obligations, ce qui peut en fait, augmenter les rendements par rapport à l’argent. Une alternative à cette logique consiste à trouver une obligation d’entreprise qui sera remboursée au cours des 1 à 2 prochaines années par une entreprise très solide et très bien notée.

Couverture # 3 : Les Covered Call

Voici la stratégie d’option qui est la plus simple à comprendre et qui peut vous permettre de mettre un pied dans le monde fascinant des options. Oui, je prêche un peu pour ma paroisse.

Les Covered Call sont, sans doute, le meilleur outil de couverture et bizarrement, souvent le moins apprécié. Il s’agit des transactions dans lesquelles l’investisseur vend des options d’achat CALL en fonction du nombre d’actions dont il dispose dans son portefeuille. Cela est fait pour générer un flux de revenus qui dépasse bien souvent, les dividendes produits par le titre, mais cela peut être également un excellent moyen de se couvrir. Un avantage clé du Covered Call, est que même si vous avez vendu un peu trop tôt vos Call, vous pouvez toujours en faire une couverture intéressante et surtout bénéficiaire.

Par exemple, vous pensez que les actions d’Apple (AAPL) étaient au plus haut à 370 $, et vous craigniez, logiquement, une correction du titre. Si vous déployez la stratégie #1, c’est-à-dire soit prendre une partie de vos bénéfices soit solder votre ligne d’actions, vous devrez choisir le bon moment pour le faire, sinon vous auriez peur de ne jamais pouvoir racheter à un prix inférieur. L’autre solution serait d’appliquer la stratégie #2.

Comme l’indique le tableau, les Call prix d’exercice 375 à échéance du 14 aout, valent 14.10$ soit 1410$ par contrat.

Si vos AAPL finissent sous les 375$ au 14 Aout, vous gardez vos actions et empochez 1410$.

Si AAPL finissait au-dessus de 375, vous auriez l’obligation de vendre vos actions à ce prix, mais en gardant la prime soit un rendement de 3.76% sur un mois, plutôt pas mal

Vous ne seriez perdant que si AAPL finissait à 399.10$ puisque la hausse du titre ne serait pas compensée par la prime reçue.

L’avantage du Covered CALL, c’est qu’il peut s’utiliser sur un marché haussier comme un marché baissier.

Couverture # 4 : Shorter les indices via les ETF

Bien que les choix présentés précédemment offrent certains moyens de compenser une baisse, shorter des ETF peut être une idée à retenir. En général, les investisseurs déterminent le montant de l’exposition qu’ils souhaitent couvrir et vendent à découvert des actions pour ce montant. L’idée est que sur un swing vers le bas, le pourcentage de bénéfices engrangé par la baisse devrait idéalement dépasser le pourcentage de pertes sur la continuation haussière. Vous pourriez vous demander, pourquoi est-ce mieux que de simplement lever des fonds en vendant les actions qui ont augmenté. En d’autres termes, pourquoi est-ce mieux que les stratégies #1 et #2 ?  Merci d’avoir posé la question. La vente à découvert offre aux investisseurs plusieurs avantages.

Par exemple, si un portefeuille est pondéré avec des petites capitalisations et que les grandes capitalisations ont surperformé, la vente à découvert d’un indice à grande capitalisation peut être une bonne couverture.

Le plus grand risque de shorter un indice, est qu’il pourrait aller dans la direction opposée par rapport à vos actions individuels en portefeuille. Au cours des dernières années, nous avons vu des sociétés technologiques surperformer les autres secteurs et de nombreuses actions à dividendes élevés. Si vous aviez eu l’idée de shorter le secteur techno, vous y seriez de votre poche.

Pour votre information, lorsque vous shorter des actions ou des indices, vous êtes redevables des dividendes. Par exemple, le rendement actuel de l’ETF SPY est de 1,9%. Donc, si vous avez un portefeuille à 9%, votre revenu global ne baisserait pas beaucoup. Dans notre cas, si vous souhaitez mettre en place ce type de couverture, 10% à 20% de la valeur globale de votre portefeuille seraient suffisants. Ce coût serait donc minime.

Le deuxième risque est que vous soyez obligé de couvrir au mauvais moment en raison d’un manque d’actions à emprunter. Il s’agit généralement d’un risque avec les titres individuels, mais ce n’est pas vraiment un risque shorter les ETF indiciels tels que SPY, QQQ ou IWM. En général, ces ETF ont beaucoup de liquidités et de disponibilité, et sont donc faciles à vendre.

Couverture #5 : Hedge 5: Shorter les indices via les ETF + Covered Puts

Cela combine la couverture #4 (position short sur les ETF indiciels) avec la vente de put couverts contre la position short. J’avoue que l’on rentre dans un niveau de difficulté plus important si vous ne maîtrisez pas les options.

Nous l’illustrons ci-dessous avec un exemple. Supposons que QQQ se négocie à 260 $ aujourd’hui. Un investisseur vend à découvert 100 actions de QQQ comme couverture contre ses positions longues globales. Il vend ensuite le PUT de 240 $ à un mois d’expiration pour 4.2 $ ou 420 $ par contrat.

Cela plafonne le profit maximum sur la position short, mais donne une prime / profit initiale qui s’ajoutera aux bénéfices si le marché connaît une légère baisse. Il compensera également les pertes si la position short va dans l’autre sens. Du point de vue de la couverture, cela limite l’efficacité de votre couverture en cas de krach boursier, car vos bénéfices sur votre position short seront plafonnés. Mais les accidents se produisent également très rarement et la vente régulière de put peut compenser la situation occasionnelle où la couverture est retirée.

C’est une tactique de couverture préférée par les investisseurs avertis, et ils la combinent souvent avec des Covered Call. Le Short PUT crée environ 2% de revenus mensuels ou 24% annualisés. Les investisseurs créent ainsi trois sources de revenus. Les dividendes sur vos positions longues. Le Covered Call sur les positions longues et le Covered Put sur les positions short. Sur les marchés en range ou à la hausse ou à la baisse modérée, cette stratégie crée beaucoup de tampon contre la volatilité. Cela renforce également les achats bas et les ventes élevées. Lorsque le marché baisse, vos couvertures sont automatiquement réduites une fois que les seuils de vente sont atteints. À l’inverse, vos positions longues se réduisent à mesure que le marché monte en flèche et que les appels couverts sont exercés.

Couverture #6 : Acheter des options de vente PUT

L’achat d’une option d’actions ou d’indices donne au propriétaire le droit, mais non l’obligation, de vendre 100 actions sous-jacentes à un prix spécifié (le prix d’exercice) à tout moment avant une date précise (la date d’expiration). La raison fondamentale pour acheter des options de vente est de réaliser des bénéfices sur les options de vente qui compensent tout ou partie de la baisse de la valeur de votre portefeuille à long terme. Le plus gros inconvénient de cette stratégie est le coût de la décroissance des Puts au fil du temps, et pour gagner de l’argent en achetant des puts, vous devez avoir raison sur la direction du mouvement, le calendrier du mouvement et souvent, également l’ampleur du mouvement.

Par exemple, si vous avez simplement acheté une mise de 270 $ en juillet sur un SPY à 306,50 $ pour 2,41 $, vous auriez besoin que SPY passe à 267,59 $ (strike de 270,00 $ moins la prime de 2,41 $) avant l’expiration à un mois par exemple pour commencer à gagner de l’argent.

L’avantage, d’autre part, est que si l’indice augmente rapidement, vos pertes sont limitées à la prime payée. Les profits sont assez importants, mais ne se produisent que lorsque les choses vont vers le sud assez rapidement.

Les achats de PUT ont comme pour les CALL une probabilité d’arriver à l’échéance sans valeur dans 80% du temps.

Bien que cela ne soit peut-être pas la meilleure stratégie en général, les investisseurs peuvent capturer de gros gains de couverture via un petit investissement s’ils sont correctement chronométrés.

Conclusion

La couverture est un outil très important qui a gagné en importance avec la turbulence actuelle du marché. La meilleure raison d’apprendre à l’utiliser est de réduire la volatilité de votre portefeuille, car de très grandes fluctuations à court terme, que vous connaissez maintenant sous le terme de « choc de volatilité »,  peuvent avoir un impact négatif sur votre plan à long terme. La couverture n’est pas sans risque et peut entraîner des coûts dans la perte de bénéfices, ou tout simplement des pertes liées à l’achat et les protections via les options. Mais voici le plus grand secret du « hedging », souvent, lorsque vous en avez le plus besoin, ils vous sont donnés. En d’autres termes, les couvertures vous coûtent le moins cher lorsque vous en avez le moins besoin.

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Michael

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